Une semaine du développement durable au CH de Moulins-Yzeure

Rudy Chouvel est arrivé il y a 18 mois au centre hospitalier. À l’instar de bien d’autres cadres en France, il cumule une direction du développement durable à bien d’autres responsabilités. Néanmoins, convictions chevillées au corps, armé de volonté, et avec l’aval de sa direction, il embarque pas à pas les équipes dans une politique RSE. La semaine officielle du développement durable en septembre a été choisie pour démontrer à tous l’intérêt d’une telle démarche.

Tout démarre par une bonne gouvernance et une motivation sans faille des troupes. C’est donc par la communication des résultats des actions 2019-2020 que cette semaine a démarré. « Les indicateurs de notre démarche étaient consultables par tous les agents qui ont pu découvrir à cette occasion l’impact environnemental de leur établissement et les actions mises en œuvre pour le réduire », précise Rudy Chouvel, directeur des affaires juridiques, des services logistiques et du développement durable, directeur référent du pôle bloc-anesthésie-chirurgie et du pôle pharmacie-laboratoire-stérilisation. Et pour démontrer que c’est possible, un premier menu complet, entièrement réalisé avec des produits achetés en circuits courts, était servi aux 1 700 patients, résidents et personnels. « La direction a reçu de nombreux retours positifs relatifs aux repas et à la communication, notamment de la part des patients ! ». Un exercice renouvelé durant la semaine. « Nous souhaitons proposer au moins un produit issu de circuits courts et/ou biologiques par jour au restaurant du personnel dans un premier temps. Les obligations de la loi Egalim (50 % de produits de qualité dont 20 % de produits biologiques) sont particulièrement opportunes, mais la question du financement n’a pas encore été résolue. En effet, à titre d’exemple, les produits servis lors de la semaine du développement durable ont eu un coût 2 à 2,5 fois supérieurs aux produits traditionnels. Toutefois, l’établissement a pour objectif à court terme d’obtenir le label Mon Restau Responsable. »

Le jour 2 mettait à l’honneur les mobilités douces et la participation au Challenge mobilité de la région Auvergne-Rhône-Alpes, et le jour 3 était dédié à la gestion des déchets. « L’équipe opérationnelle d’hygiène, un cadre de santé et une cadre des services logistiques ont visité des unités de soins pour sensibiliser les équipes au tri des déchets d’activité de soins à risque infectieux (DASRI). » Une centaine d’agents finalement sensibilisés. « Par ailleurs, nous avons présenté la filière innovante de biodéchets : un éleveur canin agréé par la DDCSPP récupère trois fois par semaine les biodéchets des restaurants du personnel et des EHPAD au moyen de seaux. Les tables de tri, mises en place dans les selfs depuis un an, ont été réalisées avec du matériel de récupération par les services techniques », explique-t-il.

Le sujet de la sobriété numérique a clos cette semaine : « Portées par la direction des systèmes d’information, les actions d’épuration des volumes stockés sur les serveurs, en particulier de messageries, ont rencontré un large écho dans les médias. En effet, si ce thème est relativement peu exploré dans les établissements de santé, l’hygiène numérique relève pourtant du développement durable dans la mesure où chaque email lu et stocké consomme un volume d’énergie qui, multiplié par le nombre, s’avère substantiel », confie-t-il. Au Centre hospitalier de Moulins-Yzeure, chaque vendredi, c’est « vendretri », une campagne de suppression de mails.

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