La méthode des trois E, le nettoyage hospitalier autrement

Au cœur de l’hôpital de Denain (59), une petite révolution silencieuse est en marche. Elle ne fait pas de bruit, ne sent presque rien, mais elle change profondément les pratiques du nettoyage et du bio-nettoyage. Cette révolution porte un nom simple et parlant : la méthode des trois E, imaginée par M. Lecompte et ses équipes. Trois E pour trois piliers indissociables : écologie, ergonomie, économie.

these-achats-durables-dispostifs-medicaux

Tout est parti d’un constat très concret.

« On jetait trop de lingettes, on utilisait trop de produits », résume un responsable du service. Derrière ce gaspillage, une question de fond : comment nettoyer mieux, tout en entrant dans une logique durable ? La réponse a pris la forme d’une réflexion globale, centrée sur la pré-imprégnation des textiles. Des microfibres modernes, imprégnées au juste besoin, qui permettent de maîtriser précisément l’eau et les produits utilisés. « On ne trempe plus, on dose », explique-t-on simplement.

Les résultats sont rapides et visibles.

Moins de chimie, moins de rejets dans les eaux usées, et une consommation d’eau divisée par presque trois : de quinze litres à cinq litres et demi par chariot en moyenne. Les sols, eux, racontent aussi l’histoire : « Ils sont plus brillants, moins collants ». La désinfection est mieux maîtrisée, car le temps de séchage est enfin respecté. Et grâce aux textiles résistants, lavables jusqu’à 95 °C et réutilisables jusqu’à 400 fois, l’action mécanique prend le relais de la chimie.

La méthode agit aussi là où on l’attend moins : sur le corps des agents.

Chariots repensés, travail en hauteur sans escabeau, microfibres plus légères… « C’est plus confortable, on se fatigue moins », disent les équipes, qui ne veulent plus revenir en arrière. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : moins d’allergies, moins d’exposition aux pulvérisateurs, et même une chute spectaculaire des accidents de glissade, jusqu’à 80 % en moins.

Déployée depuis novembre 2024 sur les locaux communs, puis en maternité, la méthode fait désormais école. « Les services qui ne l’ont pas encore veulent y passer tout de suite », sourit-on. Le bouche-à-oreille fonctionne, porté par l’exemple plus que par les discours. Car ici, une chambre nettoyée parle mieux qu’un long argumentaire : neuf passages de microfibres ont suffi à révéler biofilms et chimiofilms encore présents.

La méthode des trois E n’est pas qu’un changement d’outils, c’est un changement de regard. Une nouvelle ère du nettoyage hospitalier, plus sobre, plus sûre, et résolument tournée vers l’avenir.

Article rédigé à l’issue de la présentation dans le Club hygiène du C2DS du 21 mai 2025.

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.