Au cœur de l’Hôpital privé Saint-Joseph, un jardin qui soigne

Il reprend le travail d’un prédécesseur expérimenté, néanmois, il modernise les pratiques tout en préservant l’essentiel. Il observe surtout l’effet immédiat du végétal sur les personnes qui fréquentent le site. « J’ai remarqué des étoiles dans les yeux des personnes soignées dès qu’on touche à une plante. On voit à quel point c’est important pour elles. » Les témoignages convergent : réduction du stress, diminution de la douleur perçue, bien-être accru pour les patients comme pour les soignants. Les espaces verts réduisent le stress lié à l’activité médicale.
Une gestion écologique exigeante
Pour préserver ce cadre, l’hôpital s’est engagé dans une gestion écologique exigeante. « On a mis en place un protocole zéro pesticide », explique-t-il, en détaillant les méthodes alternatives comme le paillage ou la fauche tardive. L’adaptation au changement climatique fait aussi partie des priorités. « On est en train de changer de climat tout doucement et il faut s’adapter. Certaines essences supportent de moins en moins ces évolutions. »
Le jardin joue d’ailleurs un rôle essentiel dans le confort thermique, l’amélioration de la qualité de l’air et même l’insonorisation du site. « Si on enlevait tout le végétal, on se rendrait compte du bruit. Nous avons un havre de paix en plein Paris, c’est notre écrin de verdure. » Le verger d’une cinquantaine d’arbres complète ce paysage, et des analyses de sol sont au programme. « Nous sommes en zéro phyto depuis longtemps, mais les sols peuvent avoir une histoire. »
Sensibiliser à la biodiversité
Au-delà de l’entretien, Jean-Baptiste Bantsimba sensibilise à la biodiversité. Concours photos, animations écologiques, création d’un jardin aromatique : autant d’initiatives pour reconnecter le public au vivant. « La personne urbaine est complètement déconnectée. Je veux réimplanter cette idée-là. »
L’hôpital compte aujourd’hui 1,3 hectare d’espaces végétalisés, répartis entre massifs, toitures végétalisées, prairies fleuries et unités paysagères variées qui renforcent les continuités écologiques. Le jardin de la Vierge évoque une roseraie, tandis qu’un espace plein sud met en lumière les prairies en fauche tardive.
Vers la labellisation Eco-Jardin
La démarche va désormais plus loin avec la labellisation Éco-Jardin, qui repose sur la biodiversité locale, la sobriété et la circularité des ressources. Jean-Baptiste Bantsimba mène l’inventaire de la faune et de la flore avec l’aide de bénévoles de la LPO. « Ce sont de véritables puits de savoir », souligne-t-il. Un plan de gestion écologique vient structurer l’ensemble, avec protocoles et traçabilité. « Même si l’empreinte est correcte, on peut toujours la réduire. C’est passionnant. »
Dans cet établissement hospitalier, le jardin n’est plus un simple espace vert. Il est un partenaire du soin, un lieu de respiration et un engagement environnemental assumé.
