Eau, une urgence silencieuse

Au micro du rdv de mars du Club bâtiment du C2DS, Sophie Larquey-Garreau, responsable du service Jardin–Environnement–Déchets à l’EPS Barthélémy Durand d’Étampes (91) déroule son plaidoyer : « la consommation d’eau a été multipliée par sept dans le monde ! Les établissements de santé sont le premier parc immobilier national. Dans mon établissement de 65 000 m², 138 000 m³ d’eau sont consommés chaque année. Ces chiffres sont très significatifs et nous incitent à agir. » L’hôpital est un poids lourd… et donc un levier.

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Son mémoire de développement durable soutenu à l’université de Nantes, lui donne l’occasion de s’attaquer à une unité de soins de 1 500 m² qui accueille 30 patients, avec comme objectif d’optimiser les usages. Nombre de toilettes simples ou doubles, consommation d’eau à chaque chasse d’eau, colonnes de douche, consommations par minute, lavabo avec mitigeurs, baignoire médicalisée … tout est passé au crible. “ Nous avons tout mesuré mais ensuite comment réaliser un suivi précis en l’absence de compteurs par unité ?”

Sophie énumère par ailleurs d’autres freins bien identifiés pour réduire la consommation d’eau : la résistance au changement, les contraintes budgétaires, mais surtout les exigences sanitaires. « On ne peut pas faire n’importe quoi avec l’hygiène », insiste-t-elle. Mais les leviers existent. À commencer par traquer les fuites. “Les réseaux sont vieillissants, les fuites invisibles. Les fuites sont le nerf de la guerre. » Le combat est aussi culturel, ajoute-t-elle : “il faut sensibiliser les équipes, et puis enfin aussi s’équiper.

Car les solutions sont souvent simples.

Grâce à des robinets à fermeture automatique, des douches à poussoir, des dispositifs économes, des collègues ont réduit leur consommation de 30 % », souligne-t-elle, citant des retours d’hôpitaux déjà engagés. Sophie a aussi misé sur l’optimisation des procédures de nettoyage. “Nous avons bien travaillé avec les équipes de ménage qui ont fait évoluer leurs pratiques. Nous avons divisé par deux la consommation d’eau en utilisant la technique de microfibre.

Reste que l’eau est dans un angle mort. Contrairement à l’énergie, les audits ne sont pas obligatoires. Résultat, l’eau passe après.” Alors Sophie Larquey-Garreau sème des idées, notamment dans les projets de nouvelles constructions. « Pensez aux compteurs, aux récupérateurs, aux équipements économes. Nous ne connaissons la valeur de l’eau que lorsque le puits est sec. » Une bataille de conviction…

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