Hôpital Civil de Toulon : en finir avec le jetable

bloc-operatoire

À l’Hôpital civil de Toulon (83), comme à l’hôpital militaire, on est très engagé dans le développement durable. Le Dr Agnès Gendre-Agasse, anesthésiste au bloc opératoire, fait partie du comité du développement durable (CDD) depuis janvier. « On en est au début de la démarche, mais le contexte actuel de prise de conscience des enjeux environnementaux joue en notre faveur.

C’est le cas dans beaucoup de structures de santé, où les directions se sont rendu compte qu’il fallait faire quelque chose », ajoute la praticienne. Une double démarche a été entreprise, avec une première action au bloc opératoire, où le tri des déchets a été renforcé, dans le cadre d’une campagne de sensibilisation au gaspillage. « En anesthésie, on produit beaucoup de gaz à effet de serre, donc nous travaillons sur le renouvellement des équipements, des respirateurs, pour limiter au maximum l’emploi des vapeurs halogénées. Et je pense qu’aujourd’hui, on n’est plus très loin de passer à un bloc sans protoxyde d’azote. Il y a encore quelques réticences chez certains anesthésistes, mais cela va venir. »

Le deuxième axe de travail est plus global et concerne l’ensemble de l’établissement, suite à la création du comité de développement durable à l’Hôpital de Sainte-Musse. Sont concernés la logistique, la direction, la pharmacie, l’hygiène… « Notre champ d’action est très large, et beaucoup de personnels se sont sentis concernés. On en est encore au début, un vaste état des lieux est en cours, pour la consommation énergétique, le bilan carbone, le parc automobile, etc. Ensuite, de nouvelles procédures seront mises en place : le parc automobile, par exemple, doit être entièrement renouvelé avec des véhicules hybrides ou électriques.

La pharmacie a fait une demande pour s’informatiser, nous avions un grand retard là-dessus. Et pour l’hygiène et la lingerie, on est dans une démarche du réutilisable ; au bloc opératoire, il n’y a déjà plus de tenues jetables, en dehors des blouses stériles, tout est réutilisable ». Appliqué à l’ensemble de l’hôpital, d’une part on réduit nettement la pollution, et d’autre part, on élimine les problèmes de transport et de stockage, puisque tout ce qui est réutilisable est produit en France, alors que tout ce qui est jetable vient d’ailleurs. Un fait amplement démontré lors de la pandémie de Covid…

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