Des séances de méditation laïque à l’hôpital Bicêtre

méditationVolontiers perçue comme une pratique ésotérique ou un objet marketing, la méditation fascine ou fait sourire. Clef du bonheur pour certains, outil d’optimisation des performances pour d’autres… À l’hôpital Bicêtre (94) de l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris, loin de ces clichés, c’est dans une salle de préparation à l’accouchement, sur de simples chaises, que les personnels – soignants, secrétaires, etc. – peuvent tous les 15 jours découvrir et pratiquer la méditation laïque. Cette séance de méditation guidée, mise en place par le Dr Catherine Bernard, médecin anesthésiste réanimateur, est animée par Clarisse Gardet, enseignante à l’École occidentale de méditation. Chaque séance est structurée en plusieurs temps de méditation et d’échanges – le plus souvent sur le thème de la bienveillance. Il ne s’agit pas de « faire le vide », mais simplement d’établir une présence attentive à soi et aux autres, sans attente et sans jugement, pour reconnaître et traverser ses propres émotions, sans chercher à les contrôler. La méditation n’est pas un outil pour aller mieux, même si les participants décrivent « un effet apaisant qui permet de mieux rayonner ensuite », ou une « pondération émotionnelle dans les relations soignant-soigné, et surtout soignant-soignant ». Pour Clarisse Gardet, les soignants sont un public de choix : « Leur qualité de présence et ouverture d’esprit sont exceptionnelles ». La méditation trouve doucement son chemin à l’hôpital, auprès des patients souffrant de dépression ou de douleurs chroniques. Le Dr Catherine Bernard et d’autres médecins réfléchissent d’ailleurs à son utilisation en neuro-pédiatrie. La méditation se développe aussi chez les soignants outre-Atlantique : à la faculté Mc Gill de Montréal, les futurs médecins suivent un programme de sensibilisation à la méditation, qui pourra les aider à se préserver du burnout. Au Kremlin Bicêtre, ces séances du vendredi ne pourraient être qu’un début. Pourquoi ne pas proposer aux soignants et patients de méditer ensemble ? Ce serait une nouvelle étape importante à cette démarche collective en lieu de soins, envisagée par Clarisse Gardet et Catherine Bernard.