Première édition de la Journée africaine du développement durable en santé

Quel modèle de développement durable pour les établissements de santé africains ? C’est sous le double patronage du ministère de la Santé du Royaume du Maroc et du Secrétariat d’État chargé du développement durable que s’est tenue, le 5 avril 2019, la première édition de la Journée africaine du développement durable en santé, organisée par l’Association pour le développement durable en santé (A2DS). Cette journée était l’occasion de dresser un état des lieux dans ce domaine, et d’ouvrir des perspectives.

Le forum « Medical Expo » du Salon international de la santé de Casablanca était le cadre idéal pour réunir les adhérents de l’A2DS ainsi que des experts et fabricants. La jeune association – créée fin 2017 – est déjà très active. Sous la présidence d’Ahmed Idhammad, chargé du développement durable au sein du CHU Mohammed VI de Marrakech, l’A2DS fédère une trentaine d’établissements dans tout le continent africain, y compris l’Afrique du Sud, pourtant anglophone. Au total, une centaine de personnes sont engagées (universitaires, professeurs, professionnels de santé, etc.).

Le développement durable devient un réel enjeu pour les établissements de santé africains, et la demande d’accompagnement s’intensifie. Pour cela, l’A2DS doit adapter au contexte africain les concepts, méthodes et outils de la démarche de développement durable. « Les problématiques sont différentes ici. Nous nous préoccupons plus de la climatisation que du chauffage, par exemple » confie M. Idhammad, dont l’expérience dans le domaine est déjà ancienne. En effet, la démarche de développement durable au CHU de Marrakech a commencé en 2007, d’abord avec des initiatives ponctuelles, puis avec une structuration des projets, un chiffrage systématique… « Nous avons obtenu des résultats encourageants, et une reconnaissance à l’international pour l’éclairage solaire dans les parkings du CHU, ou encore le traitement des DASRI sur site, l’économie d’eau et le système de supervision et comptage d’énergie » précise-t-il. Au niveau de l’A2DS, des journées de formation ont déjà été réalisées. Mais pour aller plus loin, il fallait d’abord dresser un état des lieux, des possibilités techniques, et dégager des priorités. Dont acte…

Le premier temps fort de cette journée furent les retours d’expériences des CHU de Marrakech et Oujda (Maroc) et du CH de Dakar (Sénégal). Olivier Toma a pour sa part évoqué le développement durable dans les hôpitaux européens et Le label THQSE®.

Puis une table ronde était dédiée à la formation, clé de voûte du développement durable. La performance énergétique – une demande forte des établissements – était notamment au cœur des échanges (audits, norme ISO 50 001, etc.).

Enfin, une seconde table ronde portait sur les solutions techniques existantes. Énergies, gestion des déchets, qualité de l’air… Des solutions existent, encore faut-il les connaître, et encourager les fabricants qui investissent dans le secteur. Ils ont donc été invités à présenter leur savoir-faire.

À l’issue de cette journée, les prochains objectifs de l’association ont été définis.

  • Proposer aux établissements une formation sur l’efficacité énergétique.
  • Les accompagner pour leurs projets d’installation de panneaux pour l’eau chaude sanitaire et la production d’électricité.
  • Promouvoir le développement durable en santé en nouant de nouveaux partenariats.
  • Piloter une étude scientifique sur les effluents des établissements. C’est un enjeu de santé publique majeur.
  • Organiser un congrès international sur l’environnement et le développement durable en santé, en 2020, à Marrakech.

D’ici là, les présentations et vidéos de cette journée sont à retrouver ici.

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