Le transport des patients avec DTSU

Lors du webinaire sur la décarbonation du secteur de la santé organisé par l’APC, Bruno Pourret – directeur de DTSU (Développement du Transport Sanitaire et de l’Urgence) – a expliqué la démarche vertueuse de cette société pour réduire de façon très importante les émissions de gaz à effet de serre.

” Nous sommes engagés dans le transport partagé depuis maintenant plusieurs années, en collaboration dans un premier temps avec l’HPNP à Sarcelles et avec Olivier Toma. Le but du transport partagé est de limiter les rejets de CO2. Nous avons eu aussi à cœur de modifier nos habitudes d’achat de véhicules en étant vigilant sur les rejets de CO2 et également sur les rejets de particules fines. Tout récemment, nous nous sommes lancés dans la création d’un nouveau mode de transport sanitaire, celui pour les personnes à mobilité réduite.

En 2011, au début de notre activité, nous avions un peu moins de 9 % de transports simultanés et à ce jour, en 2019, nous sommes à quasiment 62 %. Le transport simultané a plusieurs avantages : cela créé du lien entre les patients, limite le nombre de véhicules roulants et permet de ce fait aux personnels d’avoir leur pause repas. Nous faisons également faire des économies à la sécurité sociale : depuis notre engagement la sécurité sociale a fait une économie d’à peu près un demi-million d’euros avec le transport simultané. Depuis 2015, la sécurité sociale fait du forcing pour la médecine de proximité afin de limiter les transports. Il y en avait beaucoup de la région parisienne vers Paris, c’était quasiment systématique : aujourd’hui c’est bien pris en compte par le corps médical.

Nous sommes passé en 2015, de 200 000 km pour notre activité, à 119 000 en 2019. Nous avons également fait attention aux émissions des moteurs ambulants lors de l’achat de nouveaux véhicules. En 2011, nos véhicules rejetaient 232 grammes de CO2 : en 2020 on est à 178 grammes. Pour les véhicules sanitaires légers (VSL) nous étions à 107 grammes en 2011 et nous sommes passés à 87 grammes en 2020. Cette diminution va continuer de croitre puisque nous avons deux véhicules électriques et nous avons l’intention de passer à quatre dans les mois qui viennent.

Il y a six mois, nous nous sommes rendu compte que notre personnel administratif était localisé dans un rayon de 5 km en Val d’Oise. Notre siège était dans le 93 donc on les obligeait à faire entre 45 minutes et 1h15 de route pour les journées les plus embouteillées pour se rendre à leur travail. Fort de ce constat, nous avons pris la décision de changer le siège de notre société et de nous rapprocher de nos employés et non l’inverse. Nous avons déménagé il y a bientôt trois mois et cela va nous permettre de faire une économie de presque 900 km de rejet de CO2 puisque l’intégralité de notre personnel est dans un rayon de 5 à 7 km autour de notre nouveau siège.

Pour aller plus loin dans la réduction des rejets de CO2 nous avons décidé, dès début 2021, de mettre à disposition du personnel administratif des vélos électriques de manière à ce qu’ils puissent faire leurs allers-retours matin et soir avec ces vélos électriques. C’est bien entendu notre structure qui prend en charge l’achat et l’entretien de ces vélos, et notamment les bornes pour les recharges.

En 2015, nos rejets de CO2 étaient de 25 000 tonnes par an, en 2019 nous sommes à 15 000 tonnes. Nous avons mis en pace quelques gestes simples pour limiter ces rejets comme la formation du personnel à l’éco-conduite. Tous nos collaborateurs passent à cette formation. Il est aussi demandé d’éviter de chauffer les véhicules le matin puisque les nouvelles motorisations ne nécessitent plus de mettre le véhicule cinq à dix minutes en chauffe le matin. Nous faisons également la chasse aux véhicules tournants à l’arrêt. Nous avons un logiciel de géolocalisation qui nous permet de voir quand les véhicules sont à l’arrêt quelque part avec les moteurs tournants soit pour avoir du chauffage, soit pour avoir de la clim, ce qui n’est absolument pas justifié. Chaque fin de mois, nous faisons un bilan et nous recevons les équipages qui ne rentrent pas dans cette optique-là.

Nous nous sommes aussi aperçus que nous avions la possibilité d’agir auprès des Centres Hospitaliers. En effet, un grand nombre de transports sont annulés sur place. Certains peuvent aussi être reprogrammés sur place : du matin à l’après midi ou à d’autres jours. Pour ce faire, nous mettons en place des pénalités financières de manière à faire comprendre aux CH que souvent, pour un transport annulé le véhicule à fait entre 5 à 10 km aller-retour.

DTSU en Ile-de-France c’est également un processus de normalisation :
– en novembre 2011, ISO 9001 sur la qualité des prestations
– en février 2013, ISO 45001 sur l’hygiène, la santé et la sécurité
– en septembre 2014, ISO 14001 sur l’environnement
– en 2020, processus de normalisation THQSE et labélisable depuis le 18 septembre 2020.

Revoir le replay du webinar ” Décarboner le secteur de la santé ” : https://webikeo.fr/webinar/replay/L4cqAoQ0w4VHKt2GRBLb

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